- Les journalistes de l’AJP autour de Louis Guery (de profil à gauche).
C’était autour d’une belle table ronde que dix membres journalistes de l’AJP se sont retrouvés le 2 décembre, à 9h du matin, au Café Ragueneau, à Paris, face à Louis Guery, Directeur Général de l’Association S.O.S. Calvaires.
Parti d’Anjou à l’aube pour répondre à l’invitation de Bettina de Cosnac, secrétaire général de l’AJP, Louis Guery a échangé avec les journalistes pendant une heure et demie. Des échanges aussi intéressants qu’intensifs. Louis Guery a expliqué l’ancrage de son association dans le sauvetage du « petit patrimoine », délaissé par la très active Fondation du patrimoine, négligé par les mairies car classé « créations anonymes », mais ô combien nécessaire pour le monde rural et les campagnes un peu partout en France.
Créée en 1987 par trois jeunes retraités pour sauver un oratoire, l’association connait depuis une dizaine années un réel renouveau et essor auprès de jeunes à la recherche de concret, de sens ainsi que de racines et de convivialité. Comme un point de repère, mais pas forcément motivé religieusement. Ce succès les a amenés à créer une « sœur » au sien de l’association appelée les « consolatrices ». Celle-ci se concentre sur le petit patrimoine d’objets religieux domestiques. Les greniers des presbytères ou les caves en regorgent.
Avec près de cinq mille membres et une antenne dans chaque département, l’association, partie de la Bretagne, connait actuellement sa plus grande concentration de membres dans la vallée de la Loire et dans la région Centre, le Cher et l’Indre.
Avec la création d’une application et d’un GPS, l’association a déjà fait avancer l’inventaire et localisé 54000 calvaires ! « Le répertorier est déjà le sauver à moitié », explique Louis Guery. Pour satisfaire les demandes de restauration de ce patrimoine, l’association a créé une entreprise qui compte huit salariés. Outre ceux qui s’occupent de la communication, tous se retrouvent dans un atelier pour exercer de vrais métiers d’art. Parmi eux, un menuisier donnant au départ son bois de chêne gracieusement à l’association, et depuis cette année un spécialiste de la fonte formé expressément pour re-créer ou restaurer les très fragiles représentations du Christ, spécifiques à chaque siècle. Les maires de villages commencent à le solliciter.
Depuis la séparation en France de l’Église et de l’État en 1905, nul nouveau calvaire ne peut être créé sur la voie publique. Mais rien ne vous empêche cependant d’en planter un dans votre jardin privé. Quant aux polémiques (sur internet surtout) qui entourent l’association, les uns parlant d’une « rechristianisation » et d’autres du soutien d’un milliardaire traditionaliste vivant en Belgique, Pierre-Edouard Stérin pour ne pas le citer, Louis Guery les a balayées : c’est certes un donateur, mais un parmi cinq mille autres. L’association ne suit pas pour autant ses idées, affirme t-il.
Quant à la christianisation – en restaurant l’existant, « où est le problème ? ». « Personne ne parlait de christianisation quand il s’agissait de restaurer Notre-Dame de Paris, un patrimoine bien plus important qu’un simple calvaire de campagne », ajoute Bettina de Cosnac. Il aurait fallu alors parler d’une « christianisation mondiale » vu l’intérêt que cette restauration a suscité et l’ampleur des dons dans le monde entier. »
Le petit déjeuner presse de l’AJP s’est terminé avec une invitation de S.O.S Calvaires à venir les voir travailler in situ et a assister à la restauration d’un calvaire – que ce soit dans les Yvelines, en Bretagne ou ailleurs en France. A faire peut-être. (©Bettina de Cosnac)
Pour plus d’info v. le site de l’association : www.soscalvaires.org