Loi Patrimoine : les commentaires de Didier Rykner (Tribune de l’Art)

Une longue et très commentée chronique concernant la loi Patrimoine (CAP) est publiée sur le site bien connu de Didier Rykner, La Tribune de l’Art.
Nous engageons nos membres à consulter les pages de cette chronique, ceci sans que l’AJP prenne ici parti. Nous ne faisons que constater la pertinence des analyses qui paraissent régulièrement sur ce site, assorties de toutes les références et photos adéquates.

… Il n’est plus, désormais, question ni d’AVAP, ni de ZPPAUP, ni même de secteurs sauvegardés, la Rolls de la protection patrimoniale ! On ne parle maintenant que de « Cités Historiques ». Et si le terme est joli, la réalité l’est beaucoup moins. Elle est même dramatique comme l’ont déjà dit de nombreux responsables d’associations, mais aussi des élus de tous bords. C’est ainsi que Gérard Duclos, maire PS de Lectoure dans le Gers et trésorier de l’association des villes et pays d’art et d’histoire et des villes à secteurs sauvegardés et protégés explique : « Le danger, c’est que certaines collectivités soient tentées de choisir le régime le moins contraignant et le moins coûteux. Pire, que certaines se désengagent de la protection du patrimoine. » Il ajoute, dans un très bon article du Monde : « On est abandonnés » !

Dans ce même article, le président (socialiste) de la communauté d’agglomération Charleville-Mézière – Sedan, Didier Herbillon, confirme : « si les collectivités choisissent seules les régimes de protection de leur patrimoine, elles iront au moins contraignant. C’est le vrai souci de cette loi. La décision doit rester celle de l’État. »

La position du ministère de la Culture, qui scie la branche sur laquelle il est assis, est ahurissante. Toujours dans cet article du Monde (excellent, il est dommage qu’il ne puisse être lu que sur abonnement), on lit que le directeur des Patrimoines, Vincent Berjot, qui est pourtant le principal responsable du texte, « compte sur les associations et les amendements des élus pour trouver des solutions ». On croit rêver : le pyromane espère que les pompiers vont réussir à éteindre le feu qu’il a allumé !

Alors que les spécialistes du patrimoine et certains élus sont très inquiets, le grand public, qui vient de se précipiter pour participer aux journées du Patrimoine est à peu près inconscient du drame qui se joue. Veut-on réellement revenir – on y est presque déjà, les lois actuelles étant de moins en moins respectées – aux sombres années 1960 et 1970 où le vandalisme faisait rage dans notre pays ?

Si un toilettage du code du patrimoine aurait pu avoir un sens, refaire entièrement la loi, notamment celle portant sur les ensembles urbains, est une manœuvre d’apprenti sorcier. Non seulement le projet de loi est mauvais et dangereux sur bien des points, mais son passage devant le parlement pourrait le transformer en quelque chose de pire encore.

Nous allons tenter d’expliquer ici les rares bons côtés de la loi – il y en a – et les nombreux mauvais. Et il ne faut pas croire que les premiers contrebalancent les seconds…

Lire la suite de l’article sur La Tribune de l’Art.

Share This Post