Tous ceux qui se sentent véritablement concernés par notre patrimoine auront probablement regardé l’émission de France 2 ce 19 septembre. Les téléspectateurs ont voté en direct.
Ils étaient tous là, les acteurs du patrimoine de France : Fondation du Patrimoine, Fondation VMF, Fondation pour les Monuments Historiques mais aussi le Centre des Monuments nationaux et d’autres.
Neuf projets étaient soumis au vote des téléspectateurs après présentation de Stéphane Bern en présence de différents parrains mais aussi, bien sûr, des premiers concernés : les propriétaires de châteaux, abbayes, lieux historiques.
Vous avez ici la liste des projets :
http://www.france2.fr/emissions/sauvons-nos-tresors/projets
Les lauréats :
L’EGLISE DE SAINT-AMÉ A PLOMBIÈRES
L’Eglise Saint Amé se situe dans la commune de Plombières-les-bains, une ville thermale du sud-est des Vosges. Construite à l’initiative de l’Abbé Balland, curé doyen, l’église est due à la large générosité de Napoléon III qui est venu en cure à 5 reprises à Plombières-les-Bains. Commencée en 1858, elle est couverte le 15 août 1860 et consacrée le 18 août 1863. Son ornementation et son ameublement seront achevés en 1905.
En février 2006, une étude réalisée par un architecte des monuments historiques met en évidence l’état préoccupant de l’édifice. Un bâchage d’urgence est effectué avec une toile plastifiée. Fin 2012, l’église prend l’eau, qui coule le long des piliers intérieurs. Là encore un bâchage rapide est mis en place aux endroits cruciaux. Des habitants de la commune se mobilisent alors pour apporter leur soutien à leur église. Une association voit le jour, avec pour vocation d’activer les travaux de réfection de la toiture afin d’éviter toute fermeture arbitraire de l’édifice.
L’ORPHELINAT DES CHOISINETS
Situé à 5 km au sud de Langogne en Lozère, le hameau des Choisinets dépend de la commune de St Flour-en-Mercoire et compte aujourd’hui moins d’une dizaine d’habitants.
En 1650 Claude François de la Tour fait édifier la tour ronde. En 1848, Mr Bonnefille, le propriétaire des lieux, sans enfant, confie le site à un prêtre de Langogne qui crée un orphelinat deux ans plus tard. Il est épaulé par les frères des écoles chrétiennes qui transforment le site, ajoutant au milieu du 19ème siècle le grand bâtiment de trois étages, puis l’église qui officiera jusqu’au milieu du 20ème siècle, l’ensemble donnant au lieu sa configuration actuelle.
Depuis, le lieu attend sa renaissance. Plusieurs associations se sont investies sur le site sans succès. L’association « Le Choisinaît » est créée en janvier 2000, par de doux rêveurs, Bruno et Catherine dans le but de sauver le site des Choisinets. En 2003 ils achètent les lieux grâce au concours de 70 souscriptions et un prêt de la CIGALE (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale d’Epargne).
L’association a le rêve et l’ambition depuis plusieurs années, de reconstruire une partie du site et de créer un amphithéâtre de nature pour accueillir des artistes et le grand public.
LA MAISON DES DRAGONS A CLUNY
Située sur la place de l’église Notre Dame, à Cluny, la maison des Dragons est au coeur de la cité. Sa très belle claire-voie, typique de la période de transition entre les périodes romane et gothique, est classée à l’index des monuments historiques depuis le 11 novembre 1931. Elle comporte un pilier orné d’un chapiteau présentant deux dragons, d’où le nom de la maison (elle a un temps porté le nom erroné de « maison des griffons »).
Selon certaines hypothèses, il pourrait s’agir d’un immeuble acquis au 15e siècle par des bourgeois qui souhaitaient y déposer les archives de la ville et les armes de la communauté, ainsi qu’y tenir leurs assemblées.
Longtemps propriété privée, la maison a été acquise il y a une vingtaine d’années par la ville de Cluny, à qui elle a servi de débarras (on y trouvera notamment des Expansions de César, vestiges d’une de ses expositions). En 2011, la mairie décide de vendre la maison. Plusieurs clunisois décident alors de la racheter. 8 associations locales se rassemblent et créent le Fonds de dotation de Cluny (un fonds de dotation ne peut recevoir aucune subvention publique. Il fonctionne avec le mécénat d’entreprises et le don de particuliers).
Des premiers travaux ont été effectués, notamment de remise en état et de propreté. La maison a également été vidée, pour permettre la tenue de fouilles archéologiques. Une première saison de fouilles a eu lieu en juillet 2013, une deuxième un an plus tard. Elles ont permis la mise à jour de l’existence probable d’une maison antérieure à la maison des Dragons, peut-être du 11e siècle, ce qui apporte de précieux éclairages sur les débuts d’urbanisation du site. Elles ont également permis la découverte d’une poterie en excellent état, probablement du 13e siècle. Au premier étage, le piquetage des murs a permis de révéler la présence d’une cheminée du 16e siècle, ce qui présuppose une modification inattendue de la maison.
D’autres fouilles ont eu lieu en juillet dernier. La maison des Dragons est une des rares maisons médiévales clunisoises qui n’ont pas été réaménagées depuis le milieu du XXème siècle. Elle présente un potentiel archéologique important, tant dans ses murs que dans son sous-sol, très peu perturbé.